Solidarité
La Cabane à gratter
publié le 01/03/2013
Il était une fois à Bordeaux, place André Meunier, la Cabane à gratter. Entre la gare et le marché des Capucins, les errants, les précaires, tous ceux que la ville rejette se retrouvent là, pour boire un café, prendre un sourire, poser une parole en attente d’être écoutée. Presque rien, et pourtant tant de choses s’y passent. On répare des vélos, les enfants jouent ou font leurs devoirs, d’autres sculptent des totems dans les troncs récupérés ou fabriquent des flutes dans des bambous. Au bord de toutes les violences s’écrit ici une page de paix.Nouvelles du Manifeste
publié le 12/07/2012
Rassemblement international de théâtre motivé
Aujourd’hui jeudi, les ateliers se rassemblent à Grande-Synthe pour
préparer l’ouverture du Manifeste, demain vendredi à 16 heures au
Palais du Littoral à Grande-Synthe.
Si vous n’êtes pas trop loin, ce serait dommage de le rater !
En voici un témoignage, un texte écrit dans le cadre de l’atelier
sur les migrants du Mexique et d’Europe animé par Jorge Arturo
Vargas.
C’est pourtant pas si loin l’Angleterre…
Je dois vous avouer que je déteste parler de moi. Je trouve en fait que cela relève de notre esprit, si nous sommes réservés ou pas.
Je pense l’être, surtout devant des personnes qui me sont inconnues.
J’aime beaucoup lire, de la fiction jusqu’au romantisme en passant par les policiers et les thrillers. J’ai adoré lire des livres tels que Harry Potter ou Percy Jackson, aussi il y a toutes ces histoires de vampires…
Et bien sûr des livres tristes.
J’adore aussi regarder une bonne centaine de fois mes films favoris, surtout les films tristes pour pleurer et lâcher prise. Me libérer.
Je regarde aussi très souvent le spectacle de Kev Adams, que je connais d’ailleurs par cœur.
Par cœur comme les chansons d’Adèle. Des choses magnifiques. Adèle qui est une chanteuse anglaise.
Anglaise.
Ce qui fait le lien avec mon rêve, vivre en Angleterre.
C’est un rêve que je réaliserai mais il me faudra du courage pour quitter les miens, car dans ce bateau, je serai seul…
Quelque part, aujourd’hui, je suis entouré, mais je me recroqueville sur moi-même, dans la lecture et dans les films…
Je souhaite vivre en Angleterre car j’aime leur culture, j’adore leur langue, leur esprit.
C’est pourtant pas si loin l’Angleterre…
Kadir aussi voulait la conquérir, pas pour les mêmes raisons, lui a quitté son pays pour fuir la guerre et les violences, aussi il s’est retrouvé coincé à Calais, il a perdu son identité, il voulait aller en Angleterre pour être libre et retrouver cette identité.
La première fois que je l’ai vu, c’était à la gare centrale, en hiver, il avait un bonnet et des gants trop grands.
Il se réchauffait à la gare. Ici, à Calais il n’était pas heureux. Il n’a jamais eu de logement fixe, ni d’électricité, il ne se lavait pas souvent, il ne pouvait pas…
Il était en totale immersion dans la nature.
Il ne méritait pas ça, il était humain comme vous et moi, mais la différence est que lui vivait dans des conditions inhumaines.
Vous voyez, cette cabane, elle est faite de palettes, de bâches, de détritus, elle est détruite ! Ils n’avaient pas le droit, c’était sa cabane !
Elle se situait dans la jungle.
Je ne sais pas si son rêve a fini par se réaliser, au jour d’aujourd’hui, je n’ai plus de ses nouvelles depuis 6 mois.
Est-il en Angleterre, ce n’est pas si loin l’Angleterre. Ou alors est-ce qu’on l’ a reconduit chez lui ?
En tout cas, il n’est plus à Calais.
C’est pourtant pas si loin l’Angleterre…
Notre rêve était commun, nous souhaitions tous les deux vivre au Royaume-Uni
Kadir, si tu m’entends, donne-moi de tes nouvelles ?
Lucas MASSON, 15 ans, Calais
Hommage aux morts de la rue à Grenoble
publié le 04/07/2012
Organisée par le collectif grenoblois Mort De Rue, la première commémoration annuelle des morts de la rue s’est tenue le 3 juillet 2o12 au Jardin De Ville de Grenoble. Un hommage pour lutter contre l’oubli, une interpellation pour se révolter contre une réalité: vivre à la rue tue.

Buenos Aires : HPHA « recycle » les immeubles abandonnés pour que les travailleurs pauvres puissent se loger
publié le 18/06/2012 TerriStorias Pratiques exemplaires pour un Urbanisme plus soutenable
Retrouvez cette expérience à l’initiative de l’ONG Habitat pour l’Humanité Argentina (équipe de Buenos Aires) qui à pour objectifs de "recycler" les immeubles abandonnés de Buenos Aires pour créer le "maillon manquant" de l’offre locative qui permettra aux travailleurs "pauvres" (dont le revenu est inférieur à 1 salaire minimum, soit l’équivalent de 410 $US) d’accéder à un logement digne.
Gabi Farage nous quitte
publié le 29/05/2012
Gabi Farage s’est donné la mort le 24 mai. Il était, avec Yvan Detraz le co-créateur du Bruit du Frigo à Bordeaux.
Tisseur de liens entre la création artistique contemporaine, la ville et la démocratie, il a tracé de nombreux chemins d’utopie réaliste pour fabriquer une ville avec les habitants où le rêve et le plaisir de vivre ensemble sont les fondations. Il était dans notre petit monde de rebelles sociaux un guide clairvoyant.
Même s’il a semé autour de lui des centaines de graines qui forcement vont germer et prolonger son défrichage, ce sera plus difficile sans lui.
15-M, de l'indignation à l'action
publié le 17/05/2012
Le mouvement du 15 mai réveille la société civile
Un an après son apparition spontanée, le mouvement des “indignés” n’est pas mort, loin s’en faut. Il a donné naissance a une multitude d’initiatives populaires qui remplissent les vides laissés par le désengagement de l’Etat.
Des indignés de la Puerta del Sol. Sur la pancarte: “J’en ai marre de payer pour des assiettes que je n’ai pas cassées”. AFP PHOTO / Jaime Reina
Un
lundi de juillet 2011, à Madrid.
Comme toutes les semaines, une réunion du groupe de San Blas se tient à
18 heures. C’est l’une des assemblées locales d‘“indignés” qui existent
encore. Ce
jour-là, une quarantaine de personnes étaient rassemblées à Plaza Blanca
pour
parler de la création d’une “banque du temps”, un système permettant
d’échanger
des services entre voisins sans faire appel à l’argent. Israël, un
informaticien, y a eu recours le jour même : il avait besoin de faire
poser des rideaux chez lui. Dans l’assemblée se trouvait également
Flori, une
ancienne couturière de 56 ans. Ils ont trouvé un accord car elle aussi
avait besoin
de quelqu’un, pour jeter un œil à son ordinateur. Aujourd’hui, Sinergias
Cooperativa
San Blas est une coopérative qui compte trois plombiers, deux
électriciens,
huit professeurs, trois commerciaux, deux conducteurs, un couvreur, un
ébéniste, un vendeur, deux gardiens d’immeuble, trois assembleurs et
deux
jardiniers.
Depuis le soulèvement populaire du 15
mai 2011, une partie du mouvement dit du 15-M est passée de l’indignation à
l’action. Les plus actifs ont continué à se
réunir sur les places des villes et des villages, à organiser des assemblées et
à partager leurs problèmes. Puis, en octobre dernier, date à laquelle le
mouvement s’est étendu au monde entier, ils ont commencé à chercher des
solutions. Mine de rien, le 15-M prend de plus en plus d’importance dans
les quartiers. Chaque assemblée qui a lieu dans
chaque quartier signifie que, chaque semaine, des personnes se réunissent pour
trouver des solutions. Et tous ces cerveaux imaginent ensemble de nouvelles idées,
de nouvelles initiatives.
Têtes connectées
Voilà comment fonctionne le 15-M : ce sont des milliers de têtes connectées, sur les places publiques et sur les réseaux sociaux, qui cherchent à sortir de la crise. Alors que l’Etat-providence disparaît précisément au moment où le patient a le plus besoin de lui, on entrevoit la naissance d’une économie parallèle, souterraine, alternative. Les temps sont durs : un quart de la population espagnole est au chômage.Grâce à ce mouvement , de nombreux réseaux de soutien ont vu le jour, comme le réseau d’assistance mutuelle du quartier madrilène d’Aluche : tous les jeudis et vendredis, cette association collecte le surplus des commerces et des restaurants, puis, le vendredi après-midi, elle distribue ces marchandises aux personnes du quartier qui en ont le plus besoin. Il existe aussi les initiatives du mouvement Rurales Enredaxs, qui tente de jeter des ponts entre les villes et les villages pour promouvoir la création de jardins écologiques, qui réduisent la dépendance alimentaire. On peut aussi évoquer les petits marchés de troc, comme celui qu’organise le groupe du quartier madrilène de Concepción (qui a également lancé un jardin écologique) : le dernier dimanche de chaque mois, les habitants vont au parc Calero pour échanger livres, jouets, vêtements et autres objets, sans recourir à l’argent.
ATD résiste contre les idées fausses
publié le 04/05/2012
Nous
vous invitons à déconstruire des préjugés et des stéréotypes répandus
sur la pauvreté et les pauvres, afin que ceux-ci cessent d’être les
boucs émissaires des maux de nos sociétés et qu’ils deviennent au
contraire des partenaires à part entière dans la construction d’un monde
plus juste.
Voici quelques-unes de ces idées reçues. Diffusez-les autour de vous, réagissez, participez au débat.
Pauvreté, RSA, logement social, fraudes... Luttons contre les idées reçues
publié le 24/02/2012 atd-quart monde france
Découvrez ce bel article édité par ATD Quart Monde France qui " invite ses lecteurs à déconstruire des préjugés et des stéréotypes répandus sur la pauvreté et les pauvres, afin que ceux-ci cessent d’être les boucs émissaires des maux de nos sociétés et qu’ils deviennent au contraire des partenaires à part entière dans la construction d’un monde plus juste. "
La Piscine, FABRIQUE DE SOLUTIONS POUR L'HABITAT
publié le 10/01/2012
Semaine de lancement
du 16 au 2o janvier 2o12
Une FABRIQUE DE SOLUTIONS POUR L’HABITAT, c’est quoi ?
Un lieu de création, d’expérimentation, de ressources, de croisements, de mise en mouvement… Sur le logement, l’habitat, le toit, l’abri, le domicile, la ville… Avec les mal-logés, les habitants de la rue, les architectes, les artistes, les urbanistes, les juristes, les bricoleurs, les curieux, les motivés, les bénévoles, les travailleurs sociaux, les engagés… les gens ! La ‘Piscine’ est un lieu à inventer, une auberge espagnole. On y vient pour prendre la parole et des outils, construire et expérimenter. C’est une fabrique où on imagine ensemble des alternatives aux problèmes d’habitat, et où on teste collectivement des solutions.
Déjà au programme :
Du 16 au 19 janvier, le lieu se met en place
Tous les jours de 10h à 17h, grand nettoyage, espaces de bricolage, fabrique de mobilier, ateliers de peinture grand format… avec “Etc”, collectif questionnant la fabrique de la ville ; Point d’Eau, lieu d’accueil pour les gens de la rue… Toutes les mains/volontés/idées sont les bienvenues !
Le jeudi 19 janvier midi “Squat, La Ville est à nous”
Projection du film de Christophe Coello, sur la réappropriation de logements et “l’exploration des choix qui s’offrent à tous les galériens de la ville”. Débat avec Architectes Sans Frontière.
Vendredi 2o janvier
De 10 heures à midi
Visite publique des lieux et débat sur la fabrique de solutions pour l’habitat, son programme, ses possibles.
Midi : à la soupe !!!
L’après-midi
- Échanges sur l’errance avec Point d’Eau
- Atelier-débat sur le mal-logement en Isère, la mobilisation citoyenne et l’expérience des “bénévoles bricoleurs” avec Un Toit pour Tous, association luttant contre le mal-logement
- Intervention de l’Ecole d’architecture de Grenoble sur des solutions alternatives au logement classique
- Discussion autour de la “cartographie des lieux vides” avec Zoom, collectif d’architecture et d’intervention urbaine
- Présentation des “Community Land Trust”, forme collective de production de morceaux de ville, avec Periferia association belge travaillant sur la participation des habitants
- Ateliers, expérimentations, réparations, bricolage, photographies, collages… avec ESCA, “Et Pourquoi Pas”, “La Semaine Des 4 Jeudis”…
La liste est ouverte,
proposez vos actions !
Téléchargez le programme prévu au 18 janvier
Echirolles
zone d’activité du Rondeau, carrefour J. Jaurès / Rocade sortie
Echirolles Ouest.
Anciens locaux d’Aquilus Piscines.
Bus ligne 1 arrêt Viscose

-
Jacques LADSOUS, Comment passer d’une addition d’individus consommateurs, à un collectif de citoyens acteurs ?
publié le 06/12/2010
Georges Gunther nous envoie cette info:
Dans nos différents lieux de travail, nous constatons que, de manière générale, les personnes sont non seulement moins soutenues pour traverser les difficultés mais souvent mises en difficulté par les derniers dispositifs qui sont de plus en plus contraignants. Les travailleurs sociaux accomplissent des taches de plus en plus morcelées qui apportent rarement des réponses positives à la demande d’aide, les marges de manœuvre s’amenuisent.
Ces nouvelles lois, conditionnées par cette politique endémique de restriction budgétaire, de suppression d’emplois concernant l’accueil, l’accompagnement, l’éducation, le soin des personnes, sont des lois sécuritaires, de contrôle, de sanctions, d’exclusion. Elles imposent des contraintes de plus en plus lourdes aux personnes, réduisent de plus en plus l’accès aux droits pour un nombre croissant, qui devient alors dépendant des aides caritatives pour pouvoir survivre.
Au nom d’une idéologie de l’homme économique, le pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois « naturelles » du marcher. Elle met en faillite le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information, la culture. Les publics les plus fragiles sont abandonnés au profit de la rentabilité. Apparaissent des fichiers dangereux pour les libertés (par simple manipulation informatique il est possible de radier un bénéficiaire du RSA).
La nature même du travail social change. Il n’y a plus aucune réflexion, chacun est réduit à un travail de gestion administrative. Nous faisons également le triste constat de notre grande difficulté à sortir de nos murs, à connaître les champs d’action, de responsabilité des différentes institutions, associations, notre difficulté à nous parler tout simplement.
Nous sentons le besoin de comprendre ensemble comment les choses se vivent dans tous ces sites où les personnes sont accueillies, où les dossiers sont instruits.
Voila pourquoi il est important de reprendre la parole tous ensembles pour redonner sens à l’action sociale. Pour que ce soit une parole politique des professionnels. Pour partager l’analyse et les actions en cours, pour déterminer ensemble nos modes d’action collective. Pour un état des lieux, confronter les interrogations, faire connaître, échanger sur les tentatives de démarche et de projets alternatifs. Pour faire le recensement des différentes directives qui attaquent le travail social.
Nous avons besoin de créer du lien, d’être en interaction avec tous ceux qui interviennent dans le champ social
Nous ne sommes pas des métiers d’exécution mais d’initiative et de responsabilité. Nous ne pouvons pas accepter d’être transformés en simples techniciens, appliquant des décisions, des orientations, prises par d’autres par des responsables administratifs et politiques, sans nous interroger sur leur sens.
Souhaitant rester “des agents de développement” et favoriser l’accès à la parole et à la prise d’initiative des personnes, cherchons ensembles de possibles alternatives, pour construire des ouvertures et, avec les personnes, inventer des espaces collectifs pour réfléchir, se soutenir, prendre des initiatives, retrouver notre pouvoir d’agir ensemble sur les affaires qui nous concernent tous.
Nous souhaitons pouvoir, avec le plus grand nombre de personnes, de professionnels, d’élus, approfondir le chantier, déjà ouvert un peu partout. Un chantier pour confronter les initiatives qui développent plus de justice, d’humanité, de solidarité, de façon à les mutualiser, les amplifier.
Nous pensons qu’il y a urgence d’ouvrir un débat sur le sens du travail social et de l’action sociale dans la crise, sur les orientations auxquelles nous sommes confrontées. Un débat entre des travailleurs sociaux intervenant dans différents domaines, des bénévoles d’associations, des personnes en situation de précarité. Un débat pour contribuer à nourrir des résistances, pour produire d’autres positionnements, d’autres conceptions dans notre travail.
Deux rencontres avec Jacques LADSOUS sont proposées à St Etienne
- Vendredi 10 Décembre à 19h à la salle de l’amicale laïque de tardy
- Samedi 11 Décembre à 9h à l’amicale laïque de chapelon
Elles vont nous permettre d’aborder ces différentes questions :
- Comment favoriser la participation de personnes avec des compétences diverse (professionnels, associations, habitants de quartier) pour permettre une meilleure compréhension de la situation, amorcer des propositions, expérimenter des solutions ?
- Comment construire un réseau de solidarité suffisamment solide et diversifié pour que les personnes les plus fragiles puissent trouver de réels points d’appui pour que leur quotidien s’améliore vraiment ?
- En fait, comment sortir les travailleurs sociaux, les associations, les personnes de leur isolement et de l’inertie ? Comment des professionnels, des associations peuvent trouver de l’intérêt à mettre leurs compétences techniques au service de la collectivité ? Quelle motivation peuvent-ils trouver à participer à une élaboration collective de recherche de solution ?
- Les professionnels sont-ils réduits aujourd’hui et définitivement à une fonction ? Sont- ils réduits à être des vecteurs de la norme ? Ou est ce possible de trouver, retrouver, inventer tous ensemble une autre conception du travail social qui, entre autre, permette à chacun d’intervenir, de compter, d’apporter son intelligence et ses capacités au service de tous ?
Le groupe “le travail social dans la crise”
